Archive pour le 1 mai 2010
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En ce 1er mai qui tombe un samedi (comme tout le monde, je dis pas cool), mais qui me laisse seule dans mon lit parce que mon copain va vendre du muguet pour la Croix Rouge (l’avantage de ne pas habiter encore avec lui, c’est que ça ne m’oblige pas à me réveiller à 6h du mat’), donc, en ce 1er mai qui fait chier, j’ai décidé de râler un peu.
D’autant que je râle beaucoup en général.
Voilà, aujourd’hui, c’est la tradition de défiler pour le travail, mais cette année, le thème général, c’est officieusement : « marchons pour sauver nos retraites ». Alors, je préviens, je ne sais pas du tout de quel bord politique je suis, je sais que j’ai grandi dans un milieu de droite**, je reconnais donc parfaitement avoir des « réflexes » de petite bourgeoise de droite, mais au moins j’en suis consciente ! Mais quand je regarde, j’écoute, je lis ce que les deux grands milieux qui sont supposés nous gouverner, propose pour les retraites, j’ai juste envie de vomir. Je sais que le raisonnement qui va suivre est typique d’une jeune fille naïve, mais surtout jeune (je doute que si j’avais 55ans, je tiendrai le même), mais il est également révélateur d’une génération qui a grandi avec l’idée que nous n’aurons pas de retraite.
Je pense donc appartenir à une génération qui ne se fait aucune illusion sur la retraite (nous n’en aurons pas, à nous de cotiser pour ; il faudra travailler jusqu’à 70ans), donc je n’arrive pas à comprendre pourquoi les politiques, pourquoi les syndicats refusent de toucher à l’âge légal de départ à la retraite. Enfin, si, je sais que les uns ont peur des grèves et veulent garder leur pouvoir ; les autres, veulent aussi garder leur pouvoir ; mais faudra-t-il attendre que des gens de mon âge accèdent au pouvoir pour qu’on puisse enfin réformer les retraites comme il le faut ? J’ai l’impression qu’il y a un énorme décalage entre ce que je ressens (et je ne pense pas être la seule), et les « vieux qui nous gouvernent », incapable de faire une vraie réforme. Parce que je sais que la France va droit dans le mur, que dans 20ans, nous serons bloqués, à payer/cotiser pour le papy boom, mais si au moins les gens du papy boom pouvaient être un peu généreux et bosser un peu plus longtemps, ce serait plus sympa pour leurs gamins, qui non seulement n’auront pas de retraite, mais en plus devront payer celle de leur parent, puis payer leurs maisons de retraite parce qu’en plus, ces parents-là auront la bonne idée de vivre vieux (oui, il y a beaucoup de cynisme de ma part), bref, autant profiter de notre jeunesse maintenant, parce que dans 20an, ça risque d’être nettement moins rose. À moins de pondre 3 gamins minimum par famille (ce qui posera ensuite un autre problème : celui de la surpopulation ; alors, on devrait faire une loi : pour un gamin enfanté, deux gamins adopté… mouais, pas sûr que ça passe ça !).
Bref, j’allais conclure sur une phrase très « aller les vieux, vous avez 60ans, c’est pas 3 ans de plus qui vont changer grand-chose », quand je me suis dit que 1) ça faisait vraiment très raisonnement de droite 2) que les gens qui ont un travail pénible n’ont qu’une envie, c’est partir.
Parce que c’est vrai que mon coup de gueule, mon raisonnement ne s’applique qu’à des gens qui ont la chance de faire un boulot qui leur plait, ou derrière un bureau. Bref, je me sens un peu coincée : d’un côté, faut travailler plus longtemps, ça c’est clair ; d’un autre côté, je me dis que tout le monde ne peut pas bosser jusqu’à 70ans.
Et là, je me retrouve comme une conne, comme quand je faisais mes disserts de philo en terminale, quand je commençais par dire blanc, et qu’à force d’argumenter, ma conviction diminuait ! (parce que dans mes disserts, je faisais comme tout le monde : « oui, non, peut-être », au début j’étais à fond pour le oui, puis lorsque j’avais terminé le non, mon peut-être était sincère puisque j’étais totalement paumée !).
Bref, tout ça pour dire qu’au fond de moi, je suis convaincue qu’on doit bosser plus tard, mais je comprends un peu mieux les difficultés à réformer… même s’il faut le faire, et que notre génération n’aura certainement pas le choix !
** Petite anecdote pour montrer à quelle point les 50personnes qui composent ma famille sont de droite (et je ne compte que les grands-parents, enfants, petits-enfants). J’ai été baptisée le 10 mai 1981, et tout le monde était restée jusqu’à 20h pour voir les résultats, et il parait qu’au moment où le visage de Mitron est apparu, tout le monde s’est décomposé, et qu’à 20h15, il n’y avait plus personne chez mes parents. Après, pendant des années, il était tacitement admis que les grandes réunions familiales ne se referaient plus jamais les jours d’élections… Jusqu’au baptême de mon frangin, le jour des législatives de 97, où de nouveau, la gauche est passée !

