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La semaine prochaine, même jour, même heure, je serai en Provence, pour une petite semaine, seule semaine de vacances communes avec le Fonctionnaire. Dire que j’attends mercredi avec impatience serait vain : depuis deux jours, je n’arrive pratiquement plus à bosser! Pourtant, j’ai de quoi m’occuper, avec des dossiers de subventions, des commandes à faire, du tri de mail… mais non, les vacances m’occupent le cerveau comme pas permis !
Comme je l’ai déjà dit, je descends chez mes grands-parents maternels, et j’espère que ce séjour sera plus agréable que le WE passé l’année dernière. Certes, les conditions ne sont pas les mêmes : je n’ai plus de gêne vàv de mon petit neveu, je n’y vais pas seule (même si je n’étais pas célibataire), et j’ai quelques idées pour m’occuper!
Ce qui m’amusera, ce sera de voir ses nombreuses réactions par rapport à la maison, très luxueuse il faut le dire : elle est immense (on doit pouvoir dormir à 21, tous dans un lit), la cuisine est immense, et ouverte sur la salle à manger (cela fait 30/35 ans qu’elle existe, et reste hyper moderne dans sa conception : un bar américain!), la piscine est grande (12m de long tout de même!), le jardin immense, il y a un très beau billard, des petits déjeuners gargantuesques (penser à prendre du thé pour moi quand même!), et c’est très beau (même si un peu vieillot parfois, mais on ne dit rien, ce sont des souvenirs).
J’ai beau détester la chaleur, il aura fallu que j’arrête d’y aller quelques années pour que cette maison me manque. Et pourtant, au bout de deux jours, je ne supporte plus ma grand-mère, si rigide sur de nombreuses choses ! Enfant, ma mère nous emmenait dans le Sud durant tout le mois de juillet, et nous remontions un ou deux jours sur Paris, avant de partir pour tout le mois d’août en Bretagne. Nous étions chanceux, insouciants et heureux.
Lorsque j’étais petite, entre 7 et 10ans, j’avais des yoyos (un petit T en plastique, creux à l’intérieur) pour mieux entendre. L’inconvénient: je ne devais pas mettre la tête sous l’eau. Les vacances commençaient lorsque j’allais chez mon oncle (ORL), qui me les enlevait, afin que je puisse me baigner tout l’été! Sinon, ç’aurait été un vrai supplice pour moi ! Je me souviens d’après-midis passés à la piscine, à jouer dedans, ou autours, apprendre à nager (d’abord sous l’eau, puis en essayant de mettre la tête en-dehors de l’eau). Nous avions des bouées énormes, avec des motifs so 80s quand je regarde les photos, mais aussi des matelas gonflables. Évidemment, le plus drôle était de faire tomber celui qui était dessus ! Je me souviens des fois où ma grand-mère venait se baigner : il fallait rester un peu à distance, calme, pendant 20min, le temps qu’il lui fallait pour rentrer dans l’eau ! et ne surtout pas l’éclabousser pour que ses cheveux restent au sec !
Au moment de la sieste, que nous n’aimions guère puisqu’il fallait rester dans la maison (et attendre les fameuses 2h de digestion pour se baigner), nous nous embêtions : dessiner, colorier, coudre, broder, c’est sympa, mais ça marche pas tout le temps. Je lisais énormément à l’époque, mais très vite j’avais épuisé mon quota de livres descendus. Alors on attendait, patiemment la délivrance : la piscine! Quand il ne faisait pas trop chaud, on pouvait jouer dans notre petit bac à sable, mais c’était pas drôle : le sable était toujours beaucoup trop sec !
Eygalière ne serait pas Eygalière (c’est le nom du village, mais pas du mas) s’il n’y avait pas : les croissants au petit-déjeuners (tartinés avec la confiture d’abricots faite par ma grand-mère), et les glaces du goûter (ou du soir). Deux choses auxquelles ma sœur et moi sommes incapables de renoncer lorsque nous descendons! Et puis, que de souvenirs de taches partout sur le corps à cause des cornets qui fondaient trop vite !
Je me suis créé ensuite une petite tradition : tous les ans, j’achète un ou plusieurs santons à la ville à côté. Et pendant plusieurs mois, je me retrouve bien embêtée par ces objets, emballés dans du papier bulles, qui trainent sur mon bureau, parce que le carton des santons est rangé! Cette année, je ne sais pas trop que prendre, j’hésite entre la scène de la cueillette de lavande, ou des éléments de décor, ou autre chose.
Cette année, je vais faire découvrir une autre partie de mon enfance à mon Fonctionnaire : les villages provençaux, la sieste dans un hamac, le repos, les grasses mat’ jusqu’à pas d’heure (oui, parce que dans cette branche de la famille, le sommeil est sacré!), les cigales qui nous enchantent au début, puis qu’on déteste après !!! Avec lui, je découvrirai le Festival d’Avignon (j’espère), les calanques de Cassis, et le plaisir de lire chacun de son côté, mais côte à côte.
Alors oui, j’attends cette parenthèse avec énormément d’impatience !
Dans exactement 10 jours (aujourd’hui compris), je pars en Bretagne avec Fonctionnaire… Dans 10 jours… c’est long, très long ! D’autant que j’attends ce WE de quatre jours avec impatience (on part du jeudi 8 au soir au lundi 12 au soir), pour deux raisons : parce qu’on passera quatre jours pleins ensemble, et surtout parce que je vais revoir la mer, qui me manque terriblement à cette période de l’année !
Je ne suis pas bretonne car je n’ai jamais habité là-bas, mais j’ai besoin d’y retourner, j’aime l’ancienne station balnéaire où je vais depuis que je suis petite, c’est ma madeleine la plus forte, et ça fait des années que je n’ai pas pu y aller au mois d’août, cette année, promis, j’y vais, car c’est une ambiance familiale particulière, et que j’aime ! Mais j’aime aussi sentir l’iode, sentir la pluie qui fouette le visage, j’aime le vent, les vagues, le sel (qui bousille la peau & les cheveux), mais aussi le sable fin de la grande plage, et tout ce qui ne change pas. Car c’est un village où le temps semble suspendu, malgré les modifications que nous découvrons tous les étés (car la mairie se lâche toujours dans les travaux de voirie !) : le club Mickey (qui a beau changer de nom, nous continuerons toujours à l’appeler ainsi), la paillote sur la plage, qui ne la dénature pas, tant elle fait partie du paysage… et dont le propriétaire connait toutes les grandes familles de la station car il tient aussi les locations des cabines (qui ne se font en fait qu’au mois, et les numéros sont toujours les mêmes : ma tante a toujours eu la 57, avec le même code pour le cadenas pendant des années PELE!); les gaufres de la paillote sont les meilleures que j’ai jamais mangé, et tous les ans, je mange une gaufre, c’est mon rituel !
Le club Mickey divise la plage en deux, deux mondes totalement distincts, qui ne se mélangent guère, mais qui se connaissent : les Lequesnoy (à gauche) et les Groseilles (à droite), et contrairement ce qu’on pourrait croire, mais simplement parce que les Groseilles sont à peine moins bourges que les Lequesnoy !), et je pose ma serviette toujours au même endroit, sure de retrouver ma famille, et l’autre famille que nous connaissons maintenant depuis 3 générations ! Et j’aime ces discussions estivales, ces grands cercles que nous formons, les discussions parfois futiles (via les journaux people), parfois plus sérieuses quand on parle de la vie. J’aime l’accueil qu’on me réserve car là-bas, je suis toujours accueillie les bras ouverts, et par un tonitruant « Ah, Elizabeth & son rire, il nous a manqué ! »
J’aime ma Bretagne pour ce côté intemporel, mais également pour la beauté des paysages, de la mer couleur émeraude selon la couleur du ciel, pour les plages escarpées, pour les collines, pour les maisons très particulières (je vous prendrai des photos, promis) car elles évoquent parfois des mini-châteaux, dans un style architectural très hétérogène !
J’aime faire du bateau là-bas, la sensation de liberté que l’on ressent quand on fait du trapèze, le plaisir de giter dans un bateau, la sensation d’aller vite alors que pas du tout ! Je suis marine, j’ai le pied marin (jamais eu le mal de mer), et ça fait trop longtemps que je ne suis pas montée dans un bateau, j’y remédierai cet été, il le faut !
J’aime la Bretagne parce que là-bas, j’y suis heureuse, tout simplement ! Et j’aimerais faire découvrir cette part importante de moi à mon homme, elle fait partie de moi, je ne peux vivre sans y retourner tous les ans, ça m’apaise quand je suis seule face à la mer, et ça me booste quand j’en reviens !
La Bretagne, ça me gagne !

